Apprentissage précoce du japonais : à partir de quel âge ?…

Suite à mon article sur l’apprentissage des seniors, je me consacre aujourd’hui à l’apprentissage précoce du japonais.

Je souhaite en effet répondre au questionnement de nombreux parents qui s’interrogent sur le bien-fondé de cette option éducative.

apprentissage précoce du japonais

Après avoir redéfini ce que l’on appelle communément « l’apprentissage précoce des langues », j’en rappellerai les bénéfices tels qu’ils ont été relevés par la communauté scientifique. Puis, sur la base de mon expérience d’enseignante, je donnerai quelques conseils aux parents qui souhaitent accompagner leur(s) jeune(s) enfant(s) dans l’apprentissage précoce du japonais.

Apprentissage précoce des langues : de quoi parle-t-on ?

L’apprentissage précoce des langues désigne communément l’initiation à une langue seconde pendant la petite enfance. Les scientifiques et les experts en éducation considèrent que durant cette période, le cerveau présente une plasticité remarquable et que les capacités d’apprentissage des langues sont alors maximales.

En outre, ils relèvent trois tranches d’âge distinctes qui correspondent à des modes d’apprentissage spécifiques. Ainsi :

  • de la naissance à l’âge de 3 ans, l’enfant acquiert la langue seconde de manière naturelle et intuitive : il apprend alors en immersion, le plus souvent dans une famille bilingue ou multilingue.
  • de 3 à 7 ans, l’enfant apprend la langue implicitement, sans effort conscient, et développe un accent natif ou quasi natif. Il s’agit d’une période idéale, dite « période critique » pour l’initier à la langue étrangère, même en l’absence de parents natifs, bilingues ou multilingues.
  • de 7 à 12 ans, la fameuse « période critique » est passée, mais l’enfant est toujours capable d’atteindre des niveaux de compétences en langue élevés, notamment lorsque son apprentissage s’accompagne d’une instruction structurée et d’une exposition régulière à la langue étrangère ciblée.

Il découle de ce qui précède que l‘apprentissage précoce des langues, et plus spécifiquement l’apprentissage précoce du japonais, se déroule généralement en dehors du temps de travail scolaire. Pour autant, il ne se limite pas, et n’a d’ailleurs aucune raison de se limiter, à l’apprentissage du japonais par des enfants issus de familles japonaises ou plurilingues. Pour le dire plus clairement, les enfants francophones sans parent japonais natif à la maison peuvent parfaitement exceller dans l’apprentissage du japonais ! En d’autres termes, le japonais est une langue accessible à tous les jeunes enfants francophones, d’autant plus accessible que , rappelons-le, la prononciation du japonais est un jeu d’enfant !

Pourquoi donc s’en priver si l’envie est là ?…. 🙂

Les raisons qui donnent envie d’initier son enfant au japonais…

Compte tenu du jeune âge de l’enfant, il va de soi que la décision d’apprentissage précoce du japonais émane essentiellement des parents.

Ces mêmes parents nourrissent généralement de grandes ambitions pour leurs enfants, et ils ont le plus souvent raison !

Car enfin, dans le monde globalisé qui est aujourd’hui le nôtre, le Japon et sa langue occupent une place de choix. Certes, quelques mauvaises langues pointeront que le Pays du Soleil levant est en passe de perdre sa troisième place de puissance économique mondiale, voire l’a déjà perdue… Il n’en reste pas moins que le japonais demeure une langue de culture majeure dans le monde contemporain. Qu’il s’agisse du monde académique ou professionnel, parler le japonais constitue un atout considérable d’ouverture sur le monde et un facteur non négligeable d’intégration à l’international. Chinois et Coréens ne s’y trompent pas, qui apprennent massivement le japonais, langue incontournable de la sphère asiatique ! Classée au top 10 des langues les plus parlées dans le monde, parmi les Européens, les Français sont aussi les plus nombreux à l’apprendre ! Eh oui ! 😀

Outre ces visées académiques et professionnelles, apprendre le japonais, c’est également l’assurance de pouvoir accéder à une culture riche et largement plébiscitée de par le monde, qu’il s’agisse de traditions séculaires ou de pop culture. 🙂

Enfin, à l’instar de toute autre langue, l’apprentissage précoce du japonais offre l’opportunité de développer les capacités cognitives de l’enfant et sa confiance en lui. Il lui offre aussi la chance de bénéficier à terme de « l’effet langue étrangère », ce supplément d’aptitudes mises au jour par de récents travaux de recherche.

Comment maintenir intacte la motivation de l’enfant sur la durée ?

Face à toutes ces bonnes raisons d’apprendre le japonais le plus tôt possible, il convient toutefois de mettre en garde les parents. Souvent mus par un objectif de PERFORMANCE, ils vont vite devoir composer avec les propres envies de leurs progénitures, toutes tendues vers la recherche du PLAISIR !… 😉

Comment donc parvenir à concilier habilement ces deux extrêmes ?

De mon point de vue, il est parfaitement stérile de chercher à imposer à un enfant l’apprentissage d’une langue étrangère. Pour vous contenter, peut-être assouvira-t-il votre désir un temps, mais ce sera pour mieux le rejeter ensuite… Exit donc, toute idée de transférer sur son enfant une envie non assouvie de parent… 😉

L’idéal consiste plutôt à épouser les contours du désir du jeune enfant, et d’aller dans son sens. La culture japonaise est si riche que vous ne devriez avoir aucun mal à le faire… Les sources de plaisir sensoriel à exploiter sont multiples. Tous les sens peuvent être sollicités : ça tombe bien ! 😀

Dans un premier temps, je préconise de stimuler votre enfant en l’immergeant dans l’oral, afin de le familiariser aux sons de la langue japonaise au moins passivement. Pour en avoir fait moi-même l’expérience, je puis vous assurer qu’un enfant en bas âge ne voit absolument aucun inconvénient à écouter des chansons, des histoires, ou encore à suivre des animés en version originale sans sous-titrage, dès lors que des images ou des gestes lui permettent d’en saisir le sens global. Il absorbera le tout telle une éponge !

Dans un second temps, lorsqu’il sera en capacité de s’adonner à des activités ludiques de manière conscientisée puis à des cours adaptés à son niveau, il ne restera plus qu’à activer les données préalablement stockées dans son cerveau pour renforcer ses acquis de façon plus structurée.

Le processus est absolument magique ! 🙂

Les règles d’or de l’apprentissage précoce du japonais

Au final, pour donner toutes ses chances à l’apprentissage précoce du japonais, il semble donc essentiel :

  • de détecter les activités de tradition nippone susceptibles d’enthousiasmer l’enfant sur la durée : ce peut être le sport, la musique, l’art graphique, etc…
  • d’identifier les cours et/ou méthodes susceptibles de combler cet enthousiasme, sur un rythme adapté n’engendrant pas de fatigue inutile : mieux vaut 1/4 d’heure un jour sur deux que 2 heures d’affilée une fois par semaine !…
  • d’accompagner la progression, soi-même ou avec l’aide d’un professionnel de l’enseignement, en douceur et sans pression.

L’idée est ici de vivre la langue comme un pur plaisir et non comme une contrainte. N’oublions pas que le jeune enfant n’apprendra jamais la langue pour la langue. Il apprendra la langue pour le plaisir qu’elle lui procure.

Ainsi donc, si vous constatez que votre enfant, contrairement à vous, « n’accroche pas » avec la chose japonaise, inutile d’insister ! Prenez plutôt des cours de japonais pour adulte débutant, histoire de combler votre propre frustration ! 😀

Si, en revanche, vous voyez que « la mayonnaise prend », alors foncez et creusez davantage le sillon ! Vous ferez ainsi un inestimable cadeau à votre enfant : il a tant à y gagner pour son épanouissement personnel futur !

Enfin, au prétexte que vous êtes un parent francophone, ne vous dites surtout pas que vous ne pourrez pas l’accompagner sur ce chemin. En effet, sachez que l’existence d’un système de transcription phonétique utilisant notre alphabet latin rend la chose tout à fait accessible. Merci au système Hepburn ! 🙂

Alors, êtes-vous maintenant convaincus que tenter l’apprentissage précoce du japonais avec votre enfant a tout du « ticket gagnant » ?
Si parmi vous, certains se sont déjà lancés dans l’aventure, merci à vous de partager votre expérience de parent dans les commentaires !

Si vous avez aimé cet article, vous êtes libre de le partager. :)

4 réflexions sur « Apprentissage précoce du japonais : à partir de quel âge ?… »

  1. Marie de karma-sante.com

    Nous ne nous sommes pas lancés dans l’aventure, mais avons pu offrir à notre fille la possibilité d’étudier à l’étranger, à 9 ans. Elle s’est retrouvée dans une école avec une nouvelle langue, en immersion totale, et on ne le regrette pas. Franchement, j’encourage tous les parents à inscrire leurs enfants dans des écoles bilingues.
    Comme ma fille adore la culture asiatique, dont notamment le Japon et la Corée, je vais revoir avec elle grâce à cet article si elle ne se lancerait pas dans l’apprentissage du japonais.

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  2. thomas

    Merci pour cet article, je vais dès à présent lire ton article sur l’apprentissage du japonais pour les séniors (j’ai 43 ans !).

    J’ai initié ma fille de 10 ans à l’anglais sur Duolingo, elle adore et, cela fonctionne. Elle a terminé 4e à un concours régional d’anglais (sans trop d’effort, dans la mesure où, on ne l’a pas préparée) et pratique maintenant le karaté. Elle est également assidue dans son apprentissage quotidien du dessin de mangas.
    Je compte lui proposer d’apprendre le japonais en complément, je pense que cela lui plaira.

    Il faut dire que je me suis récemment lancé dans l’apprentissage du japonais via des applications, et j’ai redécouvert ma passion pour le Japon.

    Merci pour ton partage !

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  3. Asma Ferrah

    Merci pour cet article qui m’a vraiment donné envie d’apprendre le japonais ! J’adore les langues étrangères, en particulier l’anglais, mais j’ai toujours voulu apprendre une langue Asiatique et j’hésite vraiment entre plusieurs. Je suis totalement d’accord avec ta règle d’or de l’apprentissage du japonais qui je pense peut être transposée pour toutes les langues. Hâte d’en lire davantage sur l’apprentissage du japonais en tout cas !

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