Janvier au Japon : ordre et responsabilisation…

Les festivités du Nouvel An passées, le mois de janvier au Japon reprend son cours avec pour mots d’ordre : la remise en place pour les uns et la prise de responsabilités pour les autres.

La formulation peut paraître un peu obscure, mais je m’en vais clarifier cela tout de suite ! 😀


Au Japon, s’il est très important de préparer minutieusement toute chose, il est tout aussi important d’y mettre fin avec autant d’application.
Tous les préparatifs qui tournent autour de la nouvelle année en sont une parfaite illustration. Ainsi, s’agissant du Nouvel An, nous avons vu que sa préparation s’étalait pratiquement sur tout le mois de décembre. De la même manière, nombre de Japonais vont avoir à coeur jusqu’à la mi-janvier de mettre un point final clair à toutes ces festivités. Ces rites de « fin », intimement liés aux croyances shintoïstes, n’apparaissent pas en tant que jours fériés au calendrier officiel. Néanmoins, ils restent observés par une bonne part de la population et sont ancrés dans la société japonaise en tant qu’héritage culturel commun.

Calendrier japonais du mois de janvier 2025
Calendrier japonais du mois de janvier

En parallèle, de même qu’ils ont organisé des bônenkai/忘年会 pour « oublier l’année écoulée », les Japonais organisent début janvier des shinnenkai/新年会 entre collègues pour fêter les bonnes résolutions prises pour la nouvelle année. Eh oui, pourquoi donc perdre une nouvelle occasion de boire ensemble ? 😀

Enfin, le mois de janvier au Japon est aussi l’occasion pour beaucoup de se voir reconnaître le statut d’adulte, à travers une cérémonie officielle du nom de seijin shiki/成人式.

Après la fête, place à la remise en ordre !

Dans ce registre, deux dates sont à retenir :

  • 7 janvier : nanakusa no hi/七草のひ, « le jour des 7 herbes »
  • 11 janvier : kagamibiraki/鏡開き, « l’ouverture du miroir »

7 janvier au Japon : nanakusa no hi/七草のひ


Après avoir fait bombance au passage du Nouvel An, la première « remise en ordre » porte sur notre estomac ! 😀

Ainsi, la coutume veut que l’on consomme le 7 janvier de chaque année une bouillie diététique à base de riz ayant mijoté dans sept herbes comestibles de printemps, d’où son nom de nanakusagayu/七草粥 : « bouillie aux 7 herbes ».

Dans leur appellation « vulgaire », les sept herbes en question sont extraites des plantes suivantes :

  • le seri : le persil japonais ou céleri chinois
  • le nazuna : la bourse-à-pasteur
  • le gogyô : le pourpier
  • le hakobera : la stellaire
  • le hotokenoza : le lamier blanc (variété d’ortie)
  • le suzuna : le navet
  • le suzushiro : le gros radis blanc daikon

La consommation du nanakusagayu/七草粥 est associée à un rite de purification et constitue une sorte de remise en forme corporelle après les festivités du Nouvel An. En effet, ces herbes sont connus de la pharmacopée chinoise pour permettre l’élimination des toxines et le renforcement de l’immunité.

L’essayer, c’est l’adopter ! 🙂

11 janvier au Japon : kagamibiraki/鏡開き


Comme nous l’avons vu à propos du mois de décembre au Japon, le kagamimochi figure au nombre des décorations traditionnelles installées dans les foyers avant les fêtes de fin d’année. Il est constitué de deux mochi superposés (un grand surmonté d’un plus petit), le tout coiffé d’une orange amère ou d’un agrume de la taille d’une mandarine.

En lien direct avec la tradition shintoïste, rappelons qu’il représente tout à la fois un support d’invite et une offrande faite aux dieux/kami. Mais, les festivités étant maintenant terminées, il convient de les renvoyer d’où ils viennent et de reprendre tranquillement son petit bonhomme de chemin ! 😀

C’est ainsi que les sanctuaires organisent des cérémonies d’« ouverture de miroir »/kagamibiraki/鏡開き aux alentours de la date officielle du 11 janvier. A l’aide d’un gros maillet en bois, on libère alors l’esprit des kami qui nous ont accompagnés le temps des fêtes en brisant les mochi ! L’assemblée en recueille ensuite les morceaux pour les manger en toute convivialité.

Cet acte de partage entre participants à la cérémonie de kagamibiraki/鏡開き revient à concrétiser un premier voeu d’harmonie et de prospérité. 🙂
D’une certaine manière, cette cérémonie à vocation sacrée fait écho à la tradition profane de shinnenkai/新年会, évoquée précédemment.

Pour le reste, on recourt au feu purificateur pour détruire les autres décorations traditionnelles du Nouvel An que sont le kadomatsu et le shimenawa !

2ème lundi du mois de janvier au Japon : la Fête de la majorité

2ème lundi de janvier : seijin no hi, la Fête de la majorité

La période des fêtes définitivement enterrée, voici que le Japon met ses jeunes à l’honneur en leur offrant une cérémonie de la majorité/seijin shiki/成人式.

Dans la pratique, cette fête donne lieu à l’octroi d’un jour férié : seijin no hi/成人の日/ »Jour des adultes« . Fixé au 15 janvier en 1948, depuis l’an 2000, il tombe systématiquement le 2ème lundi du mois de janvier et permet ainsi de profiter d’un week-end prolongé.
A l’instar de la fête de shichi go san/七五三/7,5,3 en novembre, il s’agit d’un nouveau rite de passage, à l’âge adulte cette fois-ci ! 🙂

L’origine de cette tradition très ancienne remonterait quant à elle au VIIIème siècle…
Récupérée par la sphère politique à l’époque contemporaine, elle consiste aujourd’hui à célébrer de manière officielle l’octroi de la majorité aux jeunes Japonais, pleinement acquise à l’âge de 20 ans.

Une Fête de la majorité très solennelle et en grandes pompes !

Pour l’essentiel, la Fête de la majorité/seijin no hi/成人の日s’articule autour d’une cérémonie très solennelle organisée par les collectivités locales : la seijin shiki/成人式.

En effet, à cette occasion, les municipalités convient officiellement à une réception tous les jeunes ayant atteint l’âge de 20 ans entre le 2 avril de l’année précédente et le 1er avril de l’année en cours. Cette fourchette temporelle correspond à l’année administrative et comptable japonaise qui débute le 1er avril. Non, non, ce n’est pas un poisson d’avril ! 😀

Même si, depuis le 1er avril 2022, la majorité civique est passée de 20 ans à 18 ans, il est à noter que les instances locales n’ont pas encore toutes intégré cette évolution. Dans la majorité des cas, elles continuent donc de réserver la cérémonie du second lundi de janvier aux seuls jeunes ayant atteint la majorité pleine de 20 ans.

L’occasion pour eux de se mettre sur leur 31, les jeunes femmes revêtant de magnifiques kimonos d’hiver à manches longues.

Une fois la cérémonie officielle terminée, les uns vont fêter dans un sanctuaire leur passage à l’âge adulte, les autres attendent le soir pour fêter l’événement entre amis et profiter de leur première soirée en bar… Libre à chacun de célébrer comme il l’entend ses premiers pas dans la vie d’adulte, si tant est que cela soit vraiment réjouissant !… 😀

Pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient obtenir plus de détails sur ce jour férié, je vous invite à consulter l’article suivant :

SEIJIN NO HI : La fête de la majorité au Japon

Les différents types de majorité au Japon

Cette Fête de la majorité nous donne ainsi l’occasion d’aborder la question des différents types de majorités reconnues au Japon.

A ce jour, on en distingue trois :

  • la majorité civique à l’âge de 18 ans, qui octroie notamment le droit de vote et vise à susciter l’engagement de jeunes de plus en plus déconnectés de la vie politique.
  • la majorité sociale à l’âge de 20 ans, octroyant de nouveaux droits tels que l’accès aux jeux d’argent, à l’alcool et au tabac.
  • la majorité sexuelle (qui induit l’âge minimum de consentement sexuel), passée de l’âge de 13 ans à 16 ans en juin 2023.

Ceux qui s’intéressent à ces problématiques de majorité pourront approfondir le sujet en lisant les articles suivants :

. Au sujet des majorités civique et sociale : La majorité au Japon (site Web Kanpai Japon)

. Au sujet de la majorité sexuelle et de l’âge minimum de consentement sexuel :

Japon : l’âge de la majorité sexuelle passe de 13 à 16 ans (Le Parisien du 16 juin 2023)

Droits. La réforme du Code pénal au Japon tient enfin compte de la notion de consentement. (Courrier international du 19 juin 2023)

C’est sur cette note éminemment sérieuse que je clos le chapitre du mois de janvier en attendant de découvrir les dessous du mois de février… A gla gla ! 😀

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